Avec l’arrivée prochaine de OneD&D, Wizards of the Coast annonce des changements juridiques et… financiers!

Wizards of the Coast, éditeur de Dungeons & Dragons, a annoncé quelques changements dans l’exploitation de leur nouvelle licence OGL (et forcément du SRD) prévue pour début 2023. Voici ci-dessous la traduction de l’article à sensation de dicebreaker.com posté hier par Chase Carter (les commentaires n’engagent donc que lui.)


Les créateurs (ndt: je dirai plutôt propriétaire) de Dungeons & Dragons ont tenté de clarifier l’avenir de ce populaire jeu de rôle sur table en expliquant comment One D&D changera les principes de fabrication et de vente des produits liés à D&D.

Un article de blog du 21 décembre sur D&D Beyond indique que la société et les concepteurs travaillant sur la prochaine itération, nommée One D&D (prévue pour 2024), ont entamé des discussions concernant l’Open Game Licence et le SRD (ndt: Document de référence du système, ou DRS en français) qui l’accompagne. Combinés, ces deux éléments forment le cadre juridique et les règles spécifiques qui permettent de créer et de vendre des aventures tierces, des suppléments et d’autres contenus de jeu de rôle sur des plateformes telles que DrivethruRPG et Roll20 (la DMs Guild est une exception unique).

L’éditeur Wizards of the Coast prévoit toutefois de conserver l’ancien OGL, bien que la nouvelle version 1.1 convienne mieux à la situation actuelle de Dungeons & Dragons en tant que marque multimédia qui s’étend bien au-delà de la table de jeu, et qui prend en considération le succès financier de quelques sociétés tierces.

« L’OGL a besoin d’une mise à jour pour s’assurer qu’elle continue à assurer ce qu’elle est censé faire (permettre aux créateurs indépendants de la communauté D&D de créer, de jouer et de développer le jeu que nous aimons tous) sans toutefois permettre à des tiers de créer des NFTs D&D et aux grandes entreprises d’exploiter sans contrepartie notre propriété intellectuelle »

Toutes les créations existantes destinées à être utilisées avec D&D 5E resteront compatibles avec One D&D et l’OGL 1.1 qui l’accompagne. Les commentateurs ont explicitement déclaré que les créateurs n’auront pas besoin de réécrire ou de republier leur ancien matériel pour s’adapter au nouveau modèle. Les créateurs doivent également continuer à se référer au SRD existant, car son remplacement est en cours de développement aux côtés de One D&D via des tests publics, actuellement en cours.

La version 1.1 de l’OGL précisera qu’elle est uniquement destinée à couvrir le matériel de table – aventures, suppléments, livres sources, etc. – qui est imprimé ou publié sous forme de documents électroniques, tels que des epubs ou des PDF. Les jeux vidéo (comme le prochain Baldur’s Gate 3), les produits dérivés, les livres et les films ne seront pas couverts, ce qui est logique étant donné que Wizards of the Coast et sa société mère Hasbro travaillent dur pour monétiser D&D dans tous ces secteur, et même au-delà. Le prochain film Honor Among Thieves (ndt: Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs) incarne le début de l’expansion de la marque D&D qui va se dérouler durant les cinq prochaines années.

Le billet du blog indique que « très peu de chose » changera pour les créateurs qui publient du matériel gratuit, mais les créations commerciales seront soumises à un nouveau système de redevances. Toute personne commercialisant son travail devra accepter la nouvelle licence, déclarer les « revenus liés à l’OGL » chaque année si elle a gagné plus de 50 000 $ et publier un badge de créateur spécifique sur ses produits, probablement à la manière du JDR Mörk Borg.

Les redevances réelles n’entreront pas en vigueur avant 2024 et seulement lorsque les revenus d’un créateur ou d’une entreprise dépasseront le plafond de 750 000 $. Wizards of the Coast affirme que moins de vingt entités seront affectées, mais vous pouvez parier que l’empire médiatique en expansion rapide de Critical Role en fait partie, ainsi que l’éditeur de longue date de D&D qu’est Kobold Press. Ce dernier dépend fortement des écrivains et illustrateurs indépendants, et on ne sait pas à quel point les redevances seront élevées et si cela affectera les prix des clients ou le salaire des indépendants. Dicebreaker a demandé plus de précisions.

Cette vision d’une OGL mise à jour ouvre la voie à Wizards of the Coast pour se lancer dans des projets de financement participatif ultra-réussis sans écraser les communautés existantes, qui, selon le blog, sont « une partie essentielle de l’expérience D&D« . Il a également déclaré que les accords de table virtuels existants ne seront pas affectés par la forme que prendra l’OGL, même si la société a annoncé le lancement de sa propre version à proximité de la sortie de One D&D en 2024

A la lecture de cet article et de la déclaration de Wizards of the Coast, on peut se demander: l’OGL 1.1 est-elle toujours une Open Licence? A suivre.

Source: l’article original de Chase Carter

Nicolas Lamberti

Nicolas Lamberti, journaliste et traducteur freelance, critique littéraire et réalisateur de télévision

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *