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Queer, sex and fangs

19 juillet 2024

Monsterhearts est certainement mon jeu de rôle préféré. Premier jeu joué en ligne en 2015, mais aussi premier JDR me proposant de jouer des situations matures intéressantes et sensible.

Pour résumer le jeu, je dirai que c’est à la fois un jeu d’horreur dans le sens gore / tripaille / body-horror et un jeu d’horreur sociale ( trouver son identité, le regard des autres, leur violence, etc.). Dans Monsterhearts (MH), nous jouons des adolescents en proie à la terreur, à la confusion, à la solitude. Tous ces aspects déplaisants propres à l’adolescence : les corps qui changent, des situations sociales complexes au lycée ou dans la famille, des histoires d’amour et d’amitié faites de promesse, de trahison et d’impulsivité. Mais en plus de cela, nos personnages sont secrètement des monstres, des vrais : des vampires, fantômes, loups-garous, goules, sorcières, morts-vivants, etc..

Cette monstruosité est bien plus qu’une esthétique qui amènerait le jeu vers un côté comique ou fantasy : c’est tout le contraire. Monsterhearts, ce n’est pas Buffy contre les vampires. Leu nous confronte à de l’horreur personnelle. Avec la puberté en allégorie. La monstruosité des personnages embrasse tous les thèmes de l’adolescence pour nous offrir un jeu oscillant entre drames, moments forts et intimes, découverte de soit, de son identité et exploration de nos sexualités. Pensez à votre série ou film préféré de teenagers ou de bitlit, avec des thèmes adultes et matures ( ou prenez simplement Ginger Snaps dont l’autrice Avery Alder dit s’être beaucoup inspirée).

Tout cela fait de MH un jeu qui n’est pas pour tout le monde. Mais si on croque la pomme … difficile de décrocher tellement les mécaniques du jeu sont au service de l’histoire et du plaisir de jouer.

Le jeu est ouvertement queer et c’est un point essentiel mis en avant par Avery Alder dans cette seconde édition : la quête d’identité de nos personnages qui chercheront à comprendre qui ils sont en s’ouvrant à tout type d’expériences, d’émotions, notamment dans leur sexualité et leurs amours. Ce thème de la sexualité est un élément important du jeu et un personnage s’identifiant comme hétéro en début de partie aura mille occasions de questionner cela – et le jeu explique clairement que les joueurs devront s’attendre à être surpris par ce que leurs personnages expérimenteront. Le jeu pose également clairement les principes importants sur comment jouer le thème de la sexualité dans un jeu de rôle : rien n’est imposé, les joueurs auront toujours leur mot à dire sur ce que font leur personnage, ce qu’ils ressentent, ce qu’ils refusent – le consentement est primordial et inscrit dans les règles du jeu. Des gardes fous comme des fondus au noir sont là. Et les personnages peuvent également tout à fait être asexuel, c’est à dire ne ressentir aucune attirance sexuelle pour quiconque.

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Matthieu

Problèmes de cœur

19 juillet 2024

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Staff Julien

Aucun titre

19 juillet 2024

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Staff Nico

Les gobelinoïdes de D&D5 sous la loupe d’Islayre!

29 juin 2024

Dans ce troisième-mais-en-vrai-deuxième épisode de ses Élucubrations, l’Horloger démonte, astique et réassemble soigneusement les gobs, hobgobs et goblourds et autre barghests, identifie leurs forces, faiblesse, opportunités et menaces, et en extrapole leurs tactiques (la démarche rappelle « The Monsters Know What They’re Doing »). Spoiler Alert: rupture complète avec les nuisances relativement inoffensives pour PJ de niveau 1. Les gobs se révèlent être les putains de Viêt Côngs du moyen-âge fantastique: à l’inverse du PJ moyen, ils ont plus en Intelligence que de Points de Vie, et ont rapidement appris à mettre à profit discrétion et vision nocturne pour mener des hit-and-run nocturnes pendant que les PJ prennent leur repos long! Le Bon Père Islayre ne s’arrête pas à ce grand entretien du moteur, il en profite pour nous faire un cours magistral d’écologie de ce peuple tricéphale (à l’instar cette fois-ci du défunt « Volo’s Guide to Monsters »). Pas de vulgaire resucée bien sûr, mais des compagnies franches de routiers gobelinoïdes marchant chacune sous sa propre version de l’Etendard à la Chimère du titre. Le tout parsemé de fascinants aperçus d’un univers que l’immonde tentateur continue à nous faire entrevoir sans jamais réellement le dévoiler! Pour faire bonne mesure, c’est superbement illustré par Le Grumph dans son style «Tintin a fait un enfant à la Tapisserie de Bayeux».

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Trojan Points