Beez: la critique

Deux ans après QueenZ, le jeu de Bruno Cathala et Johannes Goupy, c’est désormais Dan Halstad qui nous propose chez Next Move Games un jeu de plateau ayant comme stars des laborieuses petites abeilles. Une nouvelle fois, vous allez devoir envoyer vos insectes parcourir les prés pour récolter du nectar et fabriquer le meilleur des miels. Alors, voyons un peu ce qu’apporte de plus ce nouveau regard posé vision sur les plaisirs de l’apiculture.

UN SUPERBE MATERIEL

La première chose qui frappe quand l’on ouvre la boite de Beez, c’est la qualité du matériel. Force est dire que pour l’occasion Next Move Games a fait fort avec un intérieur en plastique thermoformé (oui, je sais, ce n’est pas très écologique), quatre figurines d’abeilles mignonnes comme tout, de solides tuiles hexagonales, un lot de marqueurs en bois et quatre plateaux joueurs en relief plastifiés. Le tout est agrémenté par les sympathiques illustrations de Chris Quilliams. Bref, si l’éditeur nous a habitué à l’élégance en nous proposant de très jolis produits, j’ai été surpris par Beez, d’autant plus que le prix du jeu reste raisonnable (39,00€).

UN JEU DE COLLECTION

Beez surprend aussi par sa mécanique. Si l’on retrouve l’élément Collection du jeu édité par Mandoo Games, la comparaison s’arrête là. Le but du jeu est de déplacer son abeille sur les tuiles Fleur pour y récolter des pions Nectar tout en essayant de remplir les conditions fixées par des cartes Objectif qui attribuent des points en fonction de la disposition de ces pions Nectar sur le plateau du joueur (figures géométriques, nombre ou combinaison de couleurs, etc). On retrouve là un peu le système de collection / combinaison qui a fait le succès de Sagrada et l’utilisation du plateau relief avec des contraintes de pose n’est pas étranger, bien sûr, à cette impression.

MAIS PAS QUE

A cela s’ajoute une mécanique de collecte nécessitant de la part des joueurs un effort de programmation. Dans ce jeu au nombre de tours limité (les parties sont courtes, environ 30 minutes), il est hors de question de perdre ne serait-ce qu’une seule occasion de récolter du nectar. Hors, la méthode de vol de votre abeille fait que le joueur est limité dans ses choix de déplacement. Par exemple, une abeille n’est pas autorisée à se mouvoir en face d’elle. Par contre, dans la direction opposée, elle peut le faire mais elle n’a droit qu’à un déplacement de 3 hexagones, ni plus, ni moins. Si on ajoute à cela que le nectar récolté doit être stocké sur le plateau du joueur dans un espace qui correspond à la distance par parcourue (par exemple, la ligne centrale ne peut accueillir que des Nectars qui ont été récoltés suite à un déplacement d’un hexagone), on réalise que Beez est un jeu nettement plus exigeant en matière de réflexion qu’il ne le laisse paraitre.

L’AVIS DE G&P

Avec son plateau modulable qui assure un bon renouvellement des parties, son look séduisant et sa mécanique fluide, Beez est un jeu de collection / Combinaison à satisfaire un très large public. En effet, sous des airs de jeu familial, avec son approche très accessible, se cache un élégant casse-tête qui encourage une programmation de ses actions.

LA FICHE TECHNIQUE

BEEZ

Un jeu de plateau de Dan Halstad
Illustrations de Chris Quilliams
2 à 4 joueurs / Entre 30 et 45 minutes / 8 ans et plus
Thèmes: Nature / Ruches
Mécaniques: Programmation / Collection
Complexité: tout public
Matériel: 4 rayons de miel, 4 abeilles sur leurs ruches, 4 marqueurs Récolte, 15 tuiles Fleur, 5 tuiles Feuille, 1 tuile Départ, 45 petits et 10 gros marqueurs Objectif, 18 cartes Objectif, 1 annexe, 1 livre de règles, 1 bloc-notes
Edition: Next Move / Plan B Games

Nicolas Lamberti

Nicolas Lamberti, journaliste et traducteur freelance, critique littéraire et réalisateur de télévision

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