Dettingen 1743: scénario et rapport de bataille

L’HISTORIQUE

Au début de l’année 1743, l’armée Pragmatique, composée de contingents impériaux, hanovriens et britanniques, longe le cours du fleuve Main en direction de Francfort. En mai 1743 ; l’armée bivouaque près de la petite ville d’Aschaffenburg, sur la rive ouest du Main. Sur l’autre rive, un peu plus au sud, se trouve l’impressionnante armée du maréchal de Noailles. Le 19 juin, le roi Georges II rejoint l’armée Alliée, sous les acclamations et les huzzah. Le moral de la troupe, qui était au plus bas en raison du manque de pain, reprend courage avec la présence du monarque. Il est accompagné du duc de Cumberland, homme également très estimé.
Mais la situation va brutalement se dégrader quand une manœuvre française coupe la seule route de ravitaillement qui reliait l’armée Pragmatique aux Flandres. Ne pouvant risquer une révolte au sein de l’armée, le roi Georges II ordonne la vers l’ouest, en direction d’Hanau, puis vers le Nord, pour rejoindre les Flandres.
L’armée Alliée longe la berge nord du Main, une sorte de défilé bordée de marécages et de collines abruptes, arrive à environ cinq kilomètres du petite village de Dettingen quand Georges II apprend qu’une force française occupe la place. L’état-major est très surpris. En effet, durant la nuit, les Français, sous le commandement du duc de Grammont, ont traversé le fleuve en utilisant des ponts de bateaux. Ils sont désormais en position de force, leurs flancs appuyés sur les marais et les collines, avec Dettingen dans leur dos.
Rapidement, les Alliés se préparent à livrer bataille, une manœuvre compliquée, les colonnes sont encombrées par la présence des trains de bagages, qui leur prend 4 heures. Le 27 juin, à midi, les deux armées sont déployées l’une en face de l’autre. Cependant, Georges II ignore tout du plan du duc de Noailles.
En effet, toute l’armée française n’est pas en face de l’ennemi. Une colonne d’environ 20,000 hommes, comprenant les Gardes Françaises et la brigade Irlandaise, longe l’autre rive vers le sud. Son but est de traverser le Main plus loin, à Aschaffenburg, et de prendre de dos l’armée Pragmatique. Un terrible piège est tendu à l’armée Alliée. Pour Grammont, les ordres de Noailles sont clairs : rester en position défensive et retenir l’ennemi le temps que l’étau se resserre. Les enjeux sont énormes : la capture de Georges II forcerait la Grande-Bretagne à se retirer du conflit, laissant seule l’Autriche dans sa lutte contre la France et la Prusse.
Mais, pour les Français, tout ne va pas se passer comme prévu.Lire la suite »Dettingen 1743: scénario et rapport de bataille

Sandershausen 1758 – Un scénario pour Mousquet

LA BATAILLE HISTORIQUE

En juin 1758, la principale armée Alliée, sous les ordres de Ferdinand de Brunswick, traverse le Rhin. Le 23 juin, elle bat les Français à la bataille de Krefeld. Le duc de Broglie, qui commande une petite armée française à l’est du Rhin, tente alors de couper la ligne de ravitaillement ennemie. En juillet, il effectue une action contre le contingent Hessois, avec l’espoir que cela amène Ferdinand de Brunswick à repasser sur la rive est.

Le 23 juillet, 11h00, une petite force hessoise sur les ordres du prince d’Isenbourg, landgrave de Hesse-Cassel, gagne son bivouac situé près de la ville de Kassel, sur les bords de la Fulda. Les colonnes d’infanterie arrivent en premier, suivie par la cavalerie. Un bataillon est laissé dans les faubourgs de Kassel, afin supporter la retraite d’unités de jägers qui ont essuyé un coup de feu alors qu’ils occupaient le village de Bettenhausen.

En effet, le duc de Broglie a envoyé les volontaires d’infanterie et des grenadiers occuper Kassel, avec interdiction de reculer. A midi, alors que les deux adversaires sont à portée de mousquets, le chef français  ordonne à l’infanterie d’aller au-devant de Kassel et, dans le même temps , aux hussards de Royal-Nassau, aux dragons et à la cavalerie de traverser à gué la Fulda et avancer vers le village de Bettenhausen pour le laisser sur sa gauche et rejoindre l’infanterie qui se trouve devant le village. Une fois ceci fait, Volontaires et les grenadiers quittent Kassel et rejoignent l’infanterie qui se déploie entre Bettenhausen et Sandershausen. Deux bataillons du Royal Deux-Ponts sont laissés à l’arrière ; deux pour tenir la ville de Kassel et un autre à Sandershausen pour garder la route.

Dans le même temps, le prince d’Isenbourg a atteint la route menant à Münden. Il décide alors d’installer ses 6000 hommes sur des hauteurs près de Sanderhausen, avec sa droite appuyée sur les rives abruptes de la Fulda et sa gauche protégée par les bois de la ferme d’Ellenbach. Ses troupes réunissent 3 bataillons de milice, des Invalides (2 compagnies) et quelques troupes régulières. Il est cependant important de noter que quelques troupes de milice et les jägers étaient des chasseurs expérimentés armés avec leurs propres mousquets rayés. Isenbourg place toute sa cavalerie sur la gauche dans une position leur donnant une belle vue sur la plaine où vont déboucher les français.

Quand Broglie approche du village de Sandershausen, il grimpe sur les hauteurs et est surpris de voir les Alliés déployés en ordre de bataille. Broglie planifie d’attaquer l’infanterie ennemie en position dans les bois, sur le flanc gauche allié. Cela permettrait de couper la ligne de retraite d’Isenbourg vers Münden pour le repousser sur la berge de la Fulda. Broglie déploie son infanterie en première ligne et sa cavalerie et ses dragons en seconde. Il appuie sa droite sur les bois et la renforce avec trois compagnies de grenadiers du Royal-Deux Ponts.

A 15h00, son armée déployée, de Broglie lance son attaque, il a placé les dix pièces d’artillerie de ses deux brigades sur sa droite pour tirer sur la cavalerie Hessoisse placée contre les bois. En réaction au tir d’artillerie, la cavalerie hessoise se met au trot pour charger l’infanterie Française. Voyant cela, de Broglie supporte la brigade Suisse et le Royal Bavière en déployant le Desbach et le Royal Deux-Ponts (un seul bataillon) derrière eux.Lire la suite »Sandershausen 1758 – Un scénario pour Mousquet

Soor 1745 – Un scénario pour Mousquet

HISTORIQUE

Après avoir pendant quelques temps poursuivi les Autrichiens suite à sa victoire de juin 1745 à Hohenfriedberg, Frédéric II de Prusse décide de faire demi-tour, pour éviter de voir ses lignes de ravitaillement trop distendues, mais aussi parce qu’il ne lui reste plus assez d’homme pour assurer les postes de garnison.

Trois mois plus tard, l’armée de retardement de Frédéric, environ 22 000 hommes, prend du repos dans son camp de Staudenz. Dés qu’il apprend l’arrêt du repli de cette partie de l’armée de Silésie, le prince Charles de Lorraine donne l’ordre de la poursuite, voyant en cela une splendide opportunité de surprendre et de détruire un important corps prussien. Le repli de l’armée prussienne se fait en plusieurs ‘’corps’’, ce dernier qui est chargé d’assurer l’arrière garde est sous le commandement direct de Frédéric II.

Pour surprendre l’ennemi, il est nécessaire que l’avance autrichienne soit rapide et discrète et, à un détail prêt, tout aurait pu très bien se passer pour Charles de Lorraine. En effet, le roi de Prusse a la chance des grands hommes. Sans se douter de la présence ennemie, il envoie un détachement occuper une hauteur nommée Graner-Koppe, au nord de la ville de Burkersdorf, et ce dernier se heurte à une force importante composée de cavalerie, de grenadiers et de 16 canons. Cela n’est pas sans alerter Frédéric II qui envoie des reconnaissances aux alentours. Celles-ci confirment les craintes du roi, les Autrichiens sont tous prêts et sont en train de se positionner en ligne de bataille.

Fidèle à son habitude (et peut-être un peu vexé de s’être fait surprendre dans une oisiveté inhabituelle), et malgré une nette infériorité numérique, le roi de Prusse décide de prendre l’initiative et envoie, au son du canon, son aile droite à l’attaque du Graner-Koppe, pendant qu’il charge sa cavalerie de se positionner au nord de la colline. Alors que l’infanterie est en train de monter sur le plateau, le général prussien Bruddenbrock charge la cavalerie ennemie sur ce terrain escarpé, mais les cavaliers se heurtent alors à l’infanterie Autrichienne et ils sont repoussés par une forte mousqueterie. Puis, lorsque les troupes d’infanterie prussiennes, composée de régiments d’élite, arrivent sur le Graner-Kroppe, elles sont décimées par un violent feu de mousquet et d’artillerie à mitraille, mais la seconde ligne tient bon et parvient à arracher le sommet, mettant les batteries ennemies hors de combat.Lire la suite »Soor 1745 – Un scénario pour Mousquet