Egizia – Shifting Sands: le test

Avec Egizia – Shifting Sands, Matagot vous transporte dans l’Egypte antique, sur des chantiers établis sur les bords du Nil. L’éditeur prend ainsi la relève de Iello, qui, en 2011, avait proposé aux joueurs français une première version. Une édition qui connut un certain succès et qui est aujourd’hui introuvable. En conséquence, l’on ne peut qu’être satisfait de cette initiative de remettre sur les étals cette version ‘’revisitée’’ qui, à l’origine, est le fruit d’un kickstarter lancé avec succès en 2019. Une version qui ne se débarque de la précédente que par quelques détails. Visuellement, pour une meilleure lisibilité, le plateau de jeu a été légèrement retravaillé par Bill Bricker et Daniel Solis, qui remplacent pour l’occasion Franz Vohwinkel. Mis à part ces petites modifications purement cosmétiques, le matériel est identique au jeu originel, avec ses meeples bateau et pierre de couleur, ses différentes tuiles et ses decks de cartes Pharaon et Nil.

UN SACRÉ CHANTIER

Dans Egizia – Shifting Sands, 2 à 4 joueurs vont devoir répartir leurs ouvriers sur cinq chantiers de monuments dans le but de marquer des points de victoire. Deux de ces chantiers (l’Obélisque et la Pyramide) sont des chantiers coopératifs, c’est-à-dire que les joueurs vont contribuer à la construction du monument en y plaçant leurs meeples pierre, chaque case occupée par un joueur ne pouvant l’être par un autre. Deux autres chantiers (les Colonnades et les Statues) sont des chantiers indépendants, chaque joueur pouvant les développer sans se soucier des autres. Le dernier chantier, celui du Sphinx, est un peu spécial car il permet de tirer des cartes objectif qui, en fin de partie, amèneront des points de victoire supplémentaires. On aura d’ailleurs l’occasion de reparler de ce Sphinx, car il est, à mes yeux, le principal point ‘’contestable’’ du jeu.

LA DESCENTE DU NIL

Une partie se déroule en cinq manches, pour une durée de jeu allant de 60 minutes (à 2 joueurs) à 90 minutes (à 3 ou 4 joueurs). A chaque tour, les joueurs vont devoir placer leurs navires sur les cases du Nil. Certaines cases correspondent aux chantiers des monuments, d’autres permettent de prendre des cartes Nil qui ont été disposées sur le plateau au début de la manche (le numéro de la manche détermine le type de deck qui doit être utilisé), d’autres activent des tuiles Nil qui modifient certains éléments du jeu (augmentation de la force des équipes de construction, du cours de la pierre et du blé, etc.). L’un des principaux éléments stratégique de Egizia se traduit par la règle de placement des bateau. En effet, quand un joueur place un bateau sur une case Nil, il ne pourra plus poser de bateaux sur les cases situées en amont de celle-ci. Cela va d’autant plus amener à faire des choix cornéliens qu’il n’y a pas de place pour tout le monde ! Ainsi, les cases du Nil amenant à chaque chantier ne peuvent contenir qu’un bateau à deux joueurs, deux bateaux à trois joueurs et 3 bateaux à 4 joueurs. Un joueur va donc être tenté d’occuper une case rapidement pour s’emparer d’une carte Nil ou assurer sa présence sur un chantier mais, en faisant cela, il se prive de la possibilité de poser ensuite un bateau sur une case située en amont de celle-ci.

L’AGE DE BRONZE ? NON, DE PIERRE

Pour gagner, les joueurs vont devoir agir sur les monuments en construction en y plaçant des meeples Pierre. La règle de placement est simple car identique pour tous les monuments ; pour placer un meeple Pierre sur une case monument, le joueur va devoir payer en pierres ET en Force une somme imprimée sur ladite case. Le joueurs peut suivre sur son plateau individuel son budget dans ces deux facteurs. La Force est indiquée par les quatre jetons Equipe de Construction. Chaque Équipe de Construction a une Force allant de 1 à 7, la valeur en pierres varie de 1 à 25. Généralement, quand un joueur place un meeple Pierre sur une case monument, il gagne en points de victoire la somme qu’il a payé en pierres. A noter que certains monuments ont une influence sur le jeu, comme les colonnades, qui déclenchent quelques effets lors de leur construction.

CONCLUSION

Alors, certes, Egizia – Shifting Sands est un jeu assez difficile à maitriser mais il n’en pas pour autant réservé aux experts. Cela grâce à la règle de construction qui est identique pour tous les monuments. Après, il est certain que plusieurs parties sont nécessaires pour appréhender réellement tous les aspects du jeu, notamment les effets des cartes Nil et l’utilisation des petites spécificités propres à chaque monument. L’effet King Maker est heureusement évité avec le changement, à chaque manche, dans l’ordre d’activation des joueurs, le joueur ayant le moins de points de victoire à la fin de la manche précédente devenant alors premier joueur. Pour les points négatifs, je dois admettre qu’il y en a peu. Le plus sensible ? Les cartes Sphinx. Certaines cartes ont une réelle influence sur le décompte en fin de partie (et peuvent même décider de la victoire) alors que d’autres sont d’importance négligeable, ce qui amène un facteur chance peu pertinent pour ce type de jeu.

EGIZIA – SHIFTING SANDS SUR G&P

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